Halles-sous-les-Côtes, un village où le patrimoine raconte l’histoire.
(Reportage radio RCF Notre Dame, réalisé le 03/10/2026)
Au pied des côtes de Meuse, Halles-sous-les-Côtes séduit par la richesse de son patrimoine et par une histoire intimement liée à son église Saint-Barthélemy. De Notre-Dame de Montserrat à son étonnant lavoir, en passant par ses anciennes maisons de vignerons, le village conserve les traces d’un passé que les habitants s’attachent aujourd’hui à faire vivre et à transmettre.

La vierge Notre Dame de Montserrat
1)Des passionnés réunis autour du patrimoine
Pour évoquer l’histoire et le patrimoine de Halles-sous-les-Côtes, plusieurs acteurs locaux et passionnés étaient réunis. Maryse Tusoni, représentante de la mairie. Noël Renaud, présidente de l’association des Amis de Montserrat, a évoqué la vie de l’association et son rôle dans la sauvegarde de l’église. Son mari Marcel était aussi présent. Lucette Mayot, membre de la paroisse, était accompagnée de sa petite-fille Clara, jeune ambassadrice du patrimoine. Jean-Luc Rauscher, habitant de la commune, a apporté son éclairage sur le patrimoine local et notamment sur le lavoir. À leurs côtés, Nanou Bouillet, spécialiste de l’histoire de l’art et présidente des Jeunes Ambassadeurs du patrimoine, a détaillé plusieurs éléments remarquables de l’église, tandis que Stéphane, spécialiste du patrimoine religieux, a apporté son expertise de tailleur de pierre.

Beaucoup d'intervenants pour cette émission
2)Des coups de cœur qui témoignent de la richesse de l’église
Au fil de la visite, chacun a partagé son coup de cœur : Lucette évoque la profonde paix qu’elle ressent dans l’église, tandis que Maryse Tusoni évoque la beauté du tabernacle. Noël souligne l’ampleur de la restauration réalisée, et Clara apprécie les coussins d’origine installés sur les bancs. Nanou se distingue par son intérêt pour la chaire à prêcher sculptée et pour un vitrail représentant le village avec sainte Thérèse répandant des roses. Stéphane, quant à lui, admire l’architecture, notamment les deux grandes colonnes doriques du portail. Autant de regards différents qui illustrent la richesse et le caractère singulier de cet édifice.
3)Une petite commune au riche passé

Le logo récemment créé
Avec quelques 120 à 150 habitants aujourd’hui, Halles-sous-les-Côtes a connu une tout autre dimension au début du XIXe siècle, lorsqu’elle comptait près de 800 habitants. À cette époque, le village vivait notamment de l’agriculture, de la viticulture, du commerce et de différents petits métiers. Une ancienne carrière à ciel ouvert, exploitée dès 1788 puis jusqu’en 1884, employait également plusieurs ouvriers. Ses pierres ont notamment servi à la construction de l’église du village. Il existait aussi une exploitation du minerai de fer. Une ancienne mine est transformée aujourd’hui en refuge pour les chauves-souris.
4)Saint-Barthélemy, une église finement restaurée

l'église Saint Barthélemy au centre du village
Au cœur du village, l’église Saint-Barthélemy, constitue l’un des principaux joyaux du patrimoine local. Rebâtie en 1788 et agrandie jusqu’en 1867, elle se distingue par ses pierres sculptées et son architecture. Plusieurs éléments retiennent particulièrement l’attention des visiteurs, notamment les deux grandes colonnes d’ordre dorique du portail, mais aussi la chaire à prêcher en pierre sculptée datant du XIXe siècle. Un sculpteur natif de la région (Luzy-Saint-Martin) restaurateur de la cathédrale de Reims, Michel Wendling participa à sa construction. Il était élève d'Eugène Viollet-le-Duc aux Beaux-Arts de Paris. La chaire présente notamment les sept péchés capitaux ainsi qu’une représentation symbolique de la synagogue aux yeux bandés. Sous l’impulsion de Daniel Mayot, décédé en 2024 (époux de Lucette), président de l’association des amis de Montserrat, elle a été entièrement restaurée.
5)Notre-Dame de Montserrat, une histoire venue d’Espagne
L’originalité de l’église tient aussi à la présence du culte de Notre-Dame de Montserrat, une dévotion d’origine espagnole implantée dans le village au XVIe siècle. La tradition rapporte que des soldats espagnols présents dans la région auraient contribué à introduire ce culte, après de multiples péripéties, racontées par Lucette. La statue noire de la Vierge rappelle celle vénérée à Montserrat, en Catalogne. Au fil des siècles, ce patrimoine religieux a profondément marqué l’identité de Halles-sous-les-Côtes et reste aujourd’hui au cœur du pèlerinage organisé dans le village, fin août cette année, en présence de Mgr De Metz-Noblat, nouvel évêque de Verdun. Au pied des côtes à 500 m, se trouve une source avec une petite grotte façonnée par les habitants.

La grotte de Montserrat à flanc de coteau
6) Un village organisé autour de sa place
Halles-sous-les-Côtes possède également une architecture villageoise particulièrement préservée. L’église et le lavoir occupent le centre d’une place carrée, bien dégagée, avec réseaux électriques dissimulés, autour de laquelle s’organisent les habitations. Certaines anciennes maisons de vignerons se reconnaissent à leurs portes cochères arrondies et à leurs frontons sculptés, parfois ornés de grappes de raisin. Ces détails témoignent d’une époque où la vigne occupait une place importante dans la vie économique locale.

Halles-sous-les-côtes au plan carré
7)Le lavoir, témoin de la vie quotidienne
Autre élément emblématique du village : son lavoir. Sa construction originale, ouverte sur les quatre côtés et reposant sur seize colonnes à chapiteaux toscans, lui confère une allure remarquable. Deux bassins permettaient autrefois aux lavandières de travailler, tandis qu’un égayoir voisin servait notamment à faire boire et à laver les chevaux après les travaux des champs. Mais le lavoir était aussi un véritable lieu de sociabilité : les femmes s’y retrouvaient, échangeaient les nouvelles du village et partageaient un moment de la vie quotidienne.

le lavoir sur la place
8)Des métiers aujourd’hui disparus
Lorsque Halles-sous-les-Côtes comptait plusieurs centaines d’habitants, il fallait trouver des activités permettant à chacun de vivre. Certains habitants cumulaient alors plusieurs métiers. Des agriculteurs partaient notamment travailler l’osier pour fabriquer paniers et matelas, tandis que d’autres exerçaient comme rémouleurs ou colporteurs. Ces travailleurs quittaient traditionnellement le village après la Chandeleur, le 2 février, avant de revenir pour le pèlerinage de septembre. Ces pratiques témoignent d’une époque où les habitants devaient souvent diversifier leurs activités pour assurer leurs revenus.

Vitrail évoquant le village
9)Préserver et transmettre un patrimoine vivant
Aujourd’hui, habitants, paroissiens et associations œuvrent pour préserver cet héritage. Halles-sous-les-côtes fait partie des 21 clochers de la paroisse Sainte Thérèse Bénédicte de la croix du pays de Stenay.
La confrérie des Amis de Montserrat, affiliée à celle de Montserrat en Espagne depuis 1884, participe notamment à la mise en valeur de l’église. Une importante restauration a permis de redonner tout son éclat à l’édifice, grâce à la mobilisation de nombreux bénévoles. Les jeunes ambassadeurs du patrimoine participent également à cette transmission, en contribuant notamment à rendre l’église accessible aux visiteurs. À Halles-sous-les-Côtes, le patrimoine n’est donc pas seulement un témoignage du passé : il constitue un héritage vivant que les habitants souhaitent faire découvrir et transmettre aux générations futures.

Pèlerinage en août ou septembre
Merci aux habitants pour leur accueil chaleureux et l’intérêt qu’ils portent à notre radio RCF désormais RCF Notre Dame. Un petit clin d’oeil peut-être à Notre Dame de Montserrat
Etienne 03/10/2026