Hommage : Henri Vassart, l'artisan de la mémoire et de la couleur, s'en est allé.

C’est une figure indissociable du paysage stenaisien qui vient de s'éteindre. Henri Vassart, dont la vie fut un pont entre la rigueur de la pierre et la précision de la chimie, nous a quittés ce 14 février, à l'âge de 89 ans.
De la Meuse à la Charente-Maritime : une jeunesse marquée par l'histoire
Né en 1937 à Stenay, Henri était le cadet d'une fratrie de quatre enfants. Son destin, comme celui de tant de sa génération, fut tôt bousculé par les soubresauts du siècle. Enfant de la guerre, il connaît l'exode avec les siens vers Pont-l’Abbé-d’Arnoult, avant de revenir sur ses terres natales. Plus tard, c’est le devoir militaire qui l'appelle : déjà père de famille, il s'envole pour l'Algérie où il servira durant 28 mois.
L’orfèvre du burin et du maillet
À son retour, Henri s'établit définitivement à Stenay avec son épouse, Marie-Françoise Gondouin. C'est au sein de l'entreprise paternelle, la maison Pol Vassart, qu'il révèle son talent. Ceux qui ont eu la chance de franchir les portes du chantier se souviennent d’un homme d’une patience infinie.
Loin de l'automatisation moderne, Henri gravait les monuments et les stèles à la main. Avec pour seuls compagnons son maillet et son burin, il transformait la pierre froide en un support de mémoire, chaque coup porté étant un gage de délicatesse et de précision.
Un virage vers la modernité
Lorsque les nouvelles technologies commencent à transformer le métier de graveur, Henri, curieux et adaptable, choisit d'explorer de nouveaux horizons. Il rejoint alors l’entreprise Sommer à Mouzon. En tant que technicien de laboratoire, il met son œil d'artiste au service de la colorimétrie, créant les nuances des feutres et moquettes qui habilleront tant d'intérieurs et de véhicules.
Un dernier chapitre entre voyages et famille
Le temps de la retraite fut celui de la découverte et des voyages aux côtés de Marie-Françoise, jusqu'à la disparition de cette dernière en 2007. En 2010, Henri avait choisi de retourner vers les terres de son enfance en s'installant à Vaux-sur-Mer.
Récemment, affaibli par des problèmes de santé, il s’était rapproché de ses trois enfants, Michel, Géraldine et Dominique, du côté de Sedan. C’est entouré de l’affection des siens qu’il a rendu son dernier souffle le jour de la Saint-Valentin.
À sa famille, ses proches, nous adressons nos plus sincères condoléances.
Jacquet J.