Jeannette GREGORI, photographe, "pas de bonheur sans enfant"

Jeannette GREGORI, photographe, "pas de bonheur sans enfant"

Jeannette Gregori, née le 4 août 1967, vit à Strasbourg. Elle a étudié la photographie à l’Université des Beaux-Arts, Indiana, aux États-Unis, ainsi qu’à l’École des Arts Décoratifs de Strasbourg. Sa première série de photographies « Enfances Tsiganes » a été exposée à la Médiathèque André Malraux en 2009 lors des Journées Mondiales du Refus de la Misère puis au Conseil de l’Europe en 2010 afin d’appuyer les démarches du service Rom et Migration qui tendent à rétablir la dignité de ces communautés.

Elle a obtenu le 1er prix des Monovisions Photography Awards, Londres, 2017 en photojournalisme, le 1er prix des ND Awards (Neutral Density Awards), série portraits d’enfants et le 1er prix IPOTY (International Photographer of the Year) 2017, série portrait d’enfants. Elle figurait parmi les finalistes du prix Felix Schoeller Awards, documentaire, 2017.

Une série de photographies de Jeannette GREGORI exposées au musée de la bière de Stenay, rend hommage à la communauté des Roms, Manouches et Gitans de France, de Pologne et de République Tchèque. Le proverbe rom « Nane chavem nane bacht », en Français : « Pas de bonheur sans enfant » en dit long sur la considération des parents pour leur progéniture. Au travers de scènes de vie authentiques et de regards évocateurs des enfants, les valeurs chères à la communauté se dévoilent : le respect des anciens, la vie au grand air, l’amour prodigué par les parents à leurs enfants… En filigrane de ces représentations poétiques de jeunes Tsiganes se lisent aussi la position sociale fragile des femmes, la discrimination ou les difficultés liées à l’habitat. Cependant, la vulnérabilité n’est plus aujourd’hui l’apanage de toutes les communautés roms et il était nécessaire de présenter, d’autre part, les familles qui, par l’étude ou au prix d’efforts, ont gravi l’échelle sociale. Témoigner de cette évolution professionnelle et culturelle, c’est espérer un pas vers plus de dignité dont ces enfants pourront hériter en étant mieux compris et acceptés à l’avenir. « Tsigane…Sur ton chemin tu rencontrais souvent le mépris de l’autre qui ne te connaissait pas. Et pourtant, tu l’ignorais…Tes enfants, tu les chérissais d’un amour sans limites, leur enseignant les vraies valeurs de la vie… » (Extrait d’un poème de Schlampa Marie Burgard, fille de Mme Louise Pisla Helmstetter, qui fut la doyenne des Manouches en Alsace avant de rejoindre l’éternité en 2015).

Une exposition visible jusqu'à fin octobre, aux heures d'ouvertures du musée